27 mars 2011

Le dessous des pierres

Il m'a toujours semblé que le mois de mars était une transition.
Entre le froid et le ciel bleu. Un temps mort.
On attend. Et en attendant, on se fait beau.
Les zones de travaux sont sorties de terre comme les champignons de saison. Des tranchées profondément creusées dans lesquelles veiller à ne pas tomber, des camions-tracteurs aux roues aussi hautes que les piétons, des tubes jaunes, bleus, rouges, toujours plastique, des barres de fer courant tout le long des façades, des grillages coupant les routes, des tours et des détours.
Le si beau visage de ma ville est couvert de boutons. Protubérances inélégantes.
Il faut être patient. Et conscient de la permanente perfection qu'on attend d'elle. Elle se prépare à passer les prochains mois sous le feu des projecteurs et les regards qui ne laissent rien passer. Elle se fait belle pour la nouvelle saison et l'arrivée des nouveaux touristes. Elle se régénére, ellle se renouvelle, elle se rafraîchit. Tant pis pour nous qui voyons tout de ses coulisses. C'est de bonne guerre.
Nous serons les premiers heureux de pouvoir la présenter sous son meilleur jour à nos visiteurs curieux.

26 févr. 2011

Aujourd'hui

365 jours, autant de cieux.
Tous ces matins lumineux et de rares chagrins.
Soleil, pluie, pluie, soleil, pluie. Nuit.
365 jours, autant de sensations.
Tant de souvenirs et tant d'impressions.
Quelques appréhensions, quelques soulagements.
365 jours, autant d'admiration.
Une colline. Une fenêtre. Une histoire d'amour.
Une bougie à notre vie.


22 févr. 2011

Instantanés

Dans le bitume, les empreintes de mains d'un enfant.
Les restes d'un voyage en famille.
La trace des souvenirs.
Tout les matins il marche sur son enfance.
Tous les soirs il fait un pas de côté et l'évite tendrement.
La nostalgie vient avec la nuit.

A l'entrée d'un vieux building, dans une ruelle étroite et sombre,
deux hommes en smoking fument une cigarette.
Noeuds papillon et raies sur le côté.
Quelques mots echangés, et des regards, surtout des regards.
Le passage d'un couple silencieux à quelques mètres brise leur intimité.
Parenthèse fermée.

L'appartement au dernier étage, avec la porte rouge.
Sous les pas le craquement du bois.
Au mur de vieilles images, partout des choses d'ici et là.
Autant d'objets que de vies vécues. 
Cabinet de curiosités d'une âme angoissée par l'absence.
On a rempli l'espace mais partout flotte l'odeur du vide.

Certaines idées nous habitent, beaucoup en réalité nous obsèdent.
Où commencer l'inventaire?