27 févr. 2015

et que vive ma mémoire...

Cinq. Voilà cinq années passées sans même qu'on ait pu se retourner. Si loin cette ancienne vie. Et la prochaine?
Au crépuscule de nos jours ici, je pense à ce temps qui prend la poudre d'escampette et un malin plaisir à nous faire courir après lui.
Si je vieillis assez pour parler du passé, de quoi me souviendrai-je? De cette vie d'aujourd'hui, que restera-t-il? Quels instants surgiront de ma mémoire en lambeaux? Quels visages survivront aux incessantes attaques de mon oubli? Quels chagrins, quels détours, quelles victoires, quelles illusions... resteront là, suffisamment près pour les retrouver, les raconter?

Se construire des souvenirs. Se rappeler ce qui nous fait vivre, ce qui nous a un jour fait jouir.
Et y penser dès aujourd'hui.
Plus tard ce sera trop tard. Je veux avoir une mémoire.

28 janv. 2015

Encore de nous

Je voudrais revoir les jardins de Tivoli. Où les torrents de lumières dorent la nuit et baignent tes joues d'une lueur presque féérique. Où tes yeux s'illuminent devant les vieux manèges, où les rires des enfants s'éclatent doucement sur les joyeux cris des grands. Où l'air sent le sucre et la vanille. Où l'on s'est retrouvé pour notre dernier rendez-vous.
Je voudrais remonter sur la grande roue, regarder la ville se répandre sous nos pieds. Te prendre la main. Te sourire.

Oh, encore un tour. J'y pense tous les jours.
S'il te plait,
Encore un tour. Ne pars pas.
Tu sais, il nous reste toute la vie. Pour pleurer, pour rire, douter, s'affoler, pour se tromper, mentir, hésiter, espérer, pour avouer, se conquérir, se heurter, jetter les armes, pour s'aimer.
Je t'en prie reste encore toujours.
On retournera voir les jardins de Tivoli, et la nuit s'embrasera et nos mains se frôleront et nos corps s'enlaceront. Et les enfants riront.

10 janv. 2015

Hurlements


La tempête se lève. Blottie dans le lit, j'écoute les murs trembler. Le ciel enrage avec une remarquable justesse. Le ciel gronde et je pleure avec lui.
La tête enfouie sous les draps, j'entends la rue se noyer, le bois craquer, les vitres vibrer.
Le vent déchaîné et la pluie torentielle sa soeur paniquée, bras armé de ce ciel en colère, désœuvré face au monde qui penche, qui boite, qui n'a plus de sens.
Cette nuit, je cherche ma consolation dans le bruit et la fureur de la terre.